La pension de réversion permet au conjoint ou à l’ex-conjoint d’une personne décédée de percevoir une partie de sa retraite. Mais le montant et les conditions varient selon le régime concerné. Pour la retraite de base du régime général, il faut notamment avoir été marié avec le défunt, avoir au moins 55 ans et respecter un plafond de ressources.
En 2026, ce plafond s’élève à 25 001,60 € de revenus bruts annuels pour une personne seule et à 40 002,56 € pour une personne vivant en couple. La réversion du régime général correspond, en principe, à 54 % de la retraite de base que le défunt percevait ou aurait pu percevoir.
Ces règles ne s’appliquent toutefois pas à tous les régimes. L’Agirc-Arrco applique notamment des règles spécifiques pour la retraite complémentaire. Pour comprendre le fonctionnement de l’Agirc-Arrco, le système de points et les principales démarches, consultez notre guide dédié.
À retenir :
Dans le régime général, la pension de réversion n’est pas automatique. Il faut avoir été marié avec le défunt, avoir au moins 55 ans et respecter la condition de ressources. Une demande doit être déposée auprès des régimes concernés.
Sommaire
Qui a droit à la pension de réversion en 2026 ?
Pour la retraite de base du régime général, le droit à la pension de réversion repose principalement sur trois conditions : le mariage avec le défunt, l’âge et les ressources.
| Condition | Règle en 2026 |
|---|---|
| Mariage | Avoir été marié avec le défunt |
| Âge | 55 ans minimum |
| Pacs | N’ouvre pas droit à la réversion du régime général |
| Concubinage | N’ouvre pas droit à la réversion du régime général |
| Ressources | Plafond annuel à respecter |
Les règles officielles sont détaillées par Service-Public.fr.
Le Pacs donne-t-il droit à une pension de réversion ?
Non. Pour le régime général, le Pacs ne permet pas de bénéficier de la pension de réversion. Il en va de même pour le concubinage.
Le droit repose sur le mariage. Une personne qui vivait en couple avec le défunt sans avoir été mariée ne peut donc pas demander la pension de réversion du régime général sur cette seule base.
Peut-on toucher une réversion avant 55 ans ?
Dans le régime général, l’âge minimal est normalement de 55 ans.
Une ancienne règle permet cependant une ouverture du droit à partir de 51 ans lorsque le décès est intervenu avant 2009, ou lorsque l’assuré a disparu avant 2008. Pour les personnes de moins de 55 ans qui ne remplissent pas les conditions de la réversion, l’allocation veuvage peut, dans certaines situations, constituer un dispositif différent.
Un ex-conjoint peut-il toucher la réversion ?
Oui. Dans le régime général, l’ex-conjoint divorcé est assimilé à un conjoint survivant pour l’ouverture du droit, sous réserve de remplir les autres conditions.
Le fait de vivre à nouveau en couple ne fait pas automatiquement disparaître le droit d’un ex-conjoint divorcé dans le régime général. En revanche, les ressources du nouveau ménage peuvent avoir une incidence sur le calcul lorsque la condition de ressources s’applique.
Les situations avec plusieurs mariages méritent une analyse particulière. Pour approfondir ce cas, consultez la réversion après divorce.
Quel est le montant de la pension de réversion en 2026 ?
Dans le régime général, la pension de réversion correspond à 54 % de la retraite de base que le défunt percevait ou aurait pu percevoir. Les majorations de retraite du défunt ne sont pas intégrées dans cette base de calcul.
Le calcul théorique est donc relativement simple :
Retraite de base du défunt × 54 % = pension de réversion théorique
Par exemple, si la retraite de base du défunt était de 1 500 € brut par mois :
1 500 € × 54 % = 810 € brut par mois
Il s’agit cependant d’un montant théorique. La condition de ressources peut entraîner une réduction de la pension.
Pour approfondir les différents cas de figure, consultez le montant de la pension de réversion.
À retenir :
Les 54 % ne correspondent pas à 54 % de tous les revenus du défunt. Dans le régime général, le taux s’applique à sa retraite de base selon les règles de l’Assurance retraite. Les retraites complémentaires sont calculées séparément.
Existe-t-il un montant minimum de réversion ?
Oui. Lorsque le défunt justifiait d’au moins 60 trimestres d’assurance au régime général, la pension de réversion ne peut pas être inférieure à 4 019,13 € par an, soit 334,92 € par mois en 2026, sous réserve des règles applicables.
Lorsque le défunt avait validé moins de 60 trimestres, ce minimum est réduit proportionnellement au nombre de trimestres d’assurance.
Il ne faut donc pas considérer 334,92 € comme un montant minimum universel applicable à tous les dossiers.
La pension de réversion peut-elle être majorée ?
Oui, plusieurs majorations peuvent s’appliquer dans certaines situations.
La réversion peut notamment être majorée de 10 % lorsque le bénéficiaire a eu ou élevé au moins trois enfants. Une majoration forfaitaire peut également être attribuée pour enfant à charge sous certaines conditions. En 2026, cette dernière est de 113,59 € par mois et par enfant.
Une majoration de 11,1 % peut également être accordée à certains bénéficiaires âgés d’au moins 67 ans dont l’ensemble des pensions reste sous le plafond prévu par la réglementation.
Ces majorations peuvent elles-mêmes être affectées par la condition de ressources.
Quel est le plafond de ressources pour une pension de réversion en 2026 ?
Pour la pension de réversion du régime général, les revenus du demandeur doivent rester sous un plafond annuel.
En 2026, les montants sont les suivants :
| Situation | Plafond annuel de ressources |
| Personne vivant seule | 25 001,60 € |
| Personne vivant en couple | 40 002,56 € |
Le plafond est donc plus élevé lorsque le bénéficiaire vit en couple. Le couple peut être constitué par un mariage, un Pacs ou une situation de concubinage.
Attention : le dépassement du plafond ne signifie pas nécessairement que toute réversion est supprimée. Lorsque les ressources prises en compte et la pension dépassent le plafond, la pension peut être réduite afin de rester dans la limite autorisée.
Pour comprendre précisément cette mécanique, consultez le plafond de ressources de la pension de réversion.
Quels revenus sont pris en compte ?
L’évaluation ne consiste pas simplement à regarder le salaire ou la retraite mensuelle du demandeur.
L’Assurance retraite examine les ressources du demandeur et, lorsqu’il vit en couple, celles du ménage. Certaines ressources sont toutefois expressément exclues.
Par exemple, les revenus d’activité et de remplacement du conjoint ou ex-conjoint décédé ne sont pas pris en compte. Certaines pensions de réversion provenant de régimes complémentaires obligatoires sont également exclues.
Lorsque le demandeur dispose de revenus d’activité, ceux-ci ne sont retenus qu’à hauteur de 70 % de leur montant dans l’évaluation prévue par le régime général.
Le détail de ces règles est important pour éviter une estimation erronée. Retrouvez les principaux cas dans les revenus pris en compte pour la réversion.
Comment calculer une pension de réversion ?
Le calcul du régime général peut être résumé en plusieurs étapes :
- déterminer la retraite de base du défunt ou celle qu’il aurait pu percevoir ;
- appliquer le taux de 54 % ;
- vérifier le montant minimum éventuellement applicable ;
- ajouter les majorations auxquelles le bénéficiaire peut prétendre ;
- examiner les ressources du demandeur ou du ménage ;
- réduire éventuellement la pension pour respecter le plafond de ressources.
Exemple concret de calcul
Imaginons un défunt ayant une retraite de base de 1 800 € brut par mois.
Le montant théorique de la réversion est :
1 800 × 54 % = 972 € brut par mois
Si le bénéficiaire respecte les conditions de ressources et ne relève d’aucune règle de réduction ou de majoration, le montant théorique est donc de 972 € brut par mois.
Mais supposons que ses ressources, additionnées à la pension de réversion selon les règles applicables, dépassent le plafond. La pension peut alors être réduite du montant nécessaire pour respecter la limite.
C’est pourquoi une simple multiplication par 54 % ne suffit pas toujours à déterminer le montant effectivement versé.
Pour les situations plus complexes, notamment lorsqu’il existe plusieurs régimes de retraite, consultez le calcul de la réversion.
Quelle différence entre réversion de base et réversion Agirc-Arrco ?
Un salarié du secteur privé peut avoir acquis des droits dans plusieurs régimes. La retraite de base et la retraite complémentaire Agirc-Arrco ne sont pas soumises aux mêmes règles.
| Régime | Taux de réversion | Condition de ressources |
| Retraite de base du régime général | 54 % | Oui |
| Agirc-Arrco | 60 % | Non |
Pour l’Agirc-Arrco, la pension de réversion correspond à 60 % des droits de retraite complémentaire du défunt. Le régime applique ses propres conditions, notamment en matière d’âge et de remariage.
Il est donc possible de percevoir simultanément une réversion de la retraite de base et une réversion Agirc-Arrco si les conditions propres à chaque régime sont remplies.
Pour connaître les règles détaillées, consultez la réversion Agirc-Arrco.
Le remariage fait-il perdre la réversion ?
Il n’existe pas de réponse unique pour tous les régimes.
Dans le régime général, le remariage ne supprime pas automatiquement la pension de réversion d’un ancien conjoint. En revanche, les ressources du nouveau ménage peuvent être prises en compte pour la réversion de base.
L’Agirc-Arrco applique une règle différente : le remariage entraîne la perte définitive du droit à la pension de réversion Agirc-Arrco.
Il est donc indispensable de vérifier le régime concerné avant de tirer une conclusion. Pour les conséquences d’une nouvelle union, consultez la réversion et le remariage.
Quelles sont les règles pour les fonctionnaires ?
La réversion des fonctionnaires est soumise à des règles spécifiques et ne doit pas être calculée avec le taux de 54 % du régime général.
Pour les fonctionnaires de l’État, le montant de la pension de réversion est en principe égal à 50 % de la pension du fonctionnaire décédé, selon les conditions propres au régime. Les conditions d’attribution diffèrent notamment de celles de l’Assurance retraite.
Cette distinction est essentielle lorsqu’une personne a travaillé à la fois dans le secteur privé et dans la fonction publique.
Pour une situation relevant de la fonction publique, consultez la réversion des fonctionnaires.
Quand commence le versement de la pension de réversion ?
La date de début de la réversion est un élément à ne pas négliger.
Pour le régime général, le demandeur choisit une date de début lors du dépôt de sa demande. Cette date doit être fixée au premier jour d’un mois et ne peut pas être antérieure aux conditions d’âge applicables.
Si la demande est déposée dans les 12 mois suivant le décès, le point de départ peut, sous conditions, être fixé au premier jour du mois suivant celui du décès. Après ce délai, la date de départ est en principe liée au dépôt de la demande.
Pour connaître les règles précises, consultez la date de début de la réversion.
À retenir :
Une demande tardive peut avoir des conséquences sur la date à partir de laquelle la pension est versée. Il est donc préférable d’effectuer la démarche rapidement après le décès.
Comment demander une pension de réversion ?
La pension de réversion doit faire l’objet d’une demande. Elle n’est pas versée automatiquement au décès du conjoint.
L’Assurance retraite permet d’effectuer une demande en ligne via le service dédié. Une seule demande peut être transmise aux différents régimes auxquels le conjoint ou ex-conjoint décédé avait cotisé.
La démarche peut être résumée ainsi :
- Se connecter à son espace retraite.
- Sélectionner le service de demande de réversion.
- Vérifier et compléter les informations demandées.
- Ajouter les justificatifs nécessaires.
- Valider la demande.
- Suivre son traitement en ligne.
La démarche officielle est accessible depuis l’Assurance retraite.
Quels justificatifs faut-il fournir ?
Les pièces demandées dépendent notamment de la situation familiale, des ressources et des régimes concernés.
Il est notamment utile de préparer les documents relatifs :
- à l’identité du demandeur ;
- aux coordonnées bancaires (RIB rattaché à un compte bancaire à votre nom) ;
- au décès ;
- au mariage ;
- aux éventuels divorces ;
- aux ressources ;
- aux enfants à charge lorsque cela est pertinent ;
- aux différentes retraites du demandeur.
L’Assurance retraite propose un outil permettant d’identifier les principales pièces à joindre au dossier.
Pour éviter les dossiers incomplets, consultez les justificatifs nécessaires pour une demande de réversion.
Quel est le délai de traitement d’une demande de réversion ?
Le délai dépend de la caisse, de la situation du demandeur et de la complétude du dossier.
Un dossier simple peut être traité plus facilement qu’une situation comprenant plusieurs régimes, plusieurs mariages ou des justificatifs manquants.
Pour le régime général, l’absence de réponse pendant plus de quatre mois à une demande de pension de réversion vaut décision de rejet.
Le demandeur peut suivre l’état d’avancement de son dossier depuis son compte retraite.
Pour comprendre ce délai et savoir quoi faire en cas d’attente prolongée, consultez le délai de traitement d’une demande de réversion.
Que se passe-t-il lorsque les ressources changent ?
La pension de réversion du régime général peut être révisée lorsque les ressources du bénéficiaire évoluent.
Une nouvelle retraite personnelle peut notamment entraîner un recalcul. Si l’ensemble des ressources prises en compte dépasse alors le plafond autorisé, le montant de la réversion peut être réduit.
Le bénéficiaire doit également signaler les changements de situation susceptibles d’avoir une incidence sur ses droits.
La pension de réversion n’est toutefois pas révisable indéfiniment. Des règles spécifiques s’appliquent notamment après l’attribution des retraites personnelles.
Les erreurs à éviter lors d’une demande de réversion
Plusieurs erreurs peuvent conduire à une mauvaise estimation du montant ou retarder le traitement du dossier.
Les principales sont les suivantes :
- penser que la réversion est automatique ;
- confondre retraite de base et retraite complémentaire ;
- appliquer 54 % à toutes les pensions du défunt ;
- oublier la condition de ressources du régime général ;
- supposer que le Pacs donne droit à la réversion ;
- attendre avant de déposer la demande ;
- ne pas déclarer une évolution importante de ses ressources ;
- oublier les droits potentiels auprès d’un régime complémentaire ;
- considérer que le remariage produit les mêmes effets dans tous les régimes.
Le meilleur réflexe consiste à identifier les régimes de retraite du défunt avant d’estimer le montant total susceptible d’être perçu.
FAQ
À quel âge peut-on toucher une pension de réversion ?
Dans le régime général, il faut normalement avoir au moins 55 ans. Des règles particulières peuvent s’appliquer à certains décès anciens.
Quel est le taux de la pension de réversion en 2026 ?
Le taux de la réversion de la retraite de base du régime général est de 54 %. Pour l’Agirc-Arrco, le taux est de 60 % des droits de retraite complémentaire du défunt, avec des conditions différentes.
Quel est le plafond de ressources en 2026 ?
Le plafond est de 25 001,60 € par an pour une personne seule et de 40 002,56 € pour une personne vivant en couple dans le régime général.
Peut-on cumuler une retraite personnelle et une pension de réversion ?
Oui. Dans le régime général, ce cumul est possible, mais la retraite personnelle fait partie des ressources susceptibles d’être prises en compte. Le montant de la réversion peut donc être recalculé.
Peut-on toucher une réversion si l’on est divorcé ?
Oui. Dans le régime général, un ex-conjoint divorcé peut avoir droit à la réversion sous réserve de remplir les conditions applicables. Lorsque plusieurs conjoints ou ex-conjoints sont concernés, la pension peut être partagée.
Le remariage supprime-t-il la pension de réversion ?
Cela dépend du régime. Dans le régime général, le remariage n’entraîne pas automatiquement la suppression de la réversion, mais les ressources du nouveau ménage peuvent être prises en compte. Pour l’Agirc-Arrco, le remariage entraîne la perte définitive de la réversion.
La pension de réversion est-elle versée automatiquement ?
Non. Il faut effectuer une demande auprès des régimes concernés. L’Assurance retraite permet notamment de déposer une demande en ligne unique auprès de plusieurs régimes.
Quelle est la pension de réversion minimale en 2026 ?
Lorsque le défunt justifiait d’au moins 60 trimestres au régime général, le montant minimum est de 4 019,13 € par an, soit 334,92 € par mois en 2026. Si la durée d’assurance est inférieure à 60 trimestres, le minimum est réduit proportionnellement.
Combien de temps faut-il pour obtenir une pension de réversion ?
Le délai dépend de la caisse et de la complexité du dossier. Pour le régime général, l’absence de réponse pendant plus de quatre mois à une demande vaut décision de rejet. Le dossier peut être suivi en ligne.
Conclusion
La pension de réversion permet au conjoint ou à l’ex-conjoint d’un assuré décédé de percevoir une partie de ses droits à la retraite, mais les conditions varient fortement selon les régimes.
Pour la retraite de base du régime général, les règles essentielles en 2026 sont claires : 55 ans minimum, mariage avec le défunt, plafond de ressources de 25 001,60 € pour une personne seule ou 40 002,56 € pour un couple, et taux de réversion de 54 %.
Le montant final peut toutefois être modifié par les ressources, les majorations, la durée d’assurance du défunt ou la présence d’autres régimes de retraite. L’Agirc-Arrco et la fonction publique appliquent notamment des règles distinctes.
Le plus important est donc de ne pas limiter sa démarche à une seule caisse : il faut identifier les régimes auxquels le défunt avait cotisé, déposer rapidement la demande et vérifier les conditions propres à chacun.




