Propriétaire d’un logement loué vide, vous devez obligatoirement déclarer les loyers perçus chaque année à l’administration fiscale. Les revenus fonciers location nue obéissent à des règles fiscales précises qui dépendent essentiellement du montant de vos loyers encaissés. Selon votre situation, vous basculez automatiquement ou par option vers le régime micro-foncier ou vers le régime réel.
Pour réussir vos démarches administratives sans commettre d’impair, il est indispensable de bien comprendre le fonctionnement de chaque régime, les formulaires à remplir et les dates à respecter. Ce guide complet vous accompagne pas à pas pour déclarer vos loyers perçus en location non meublée en toute sérénité.
Sommaire
Comprendre l’imposition des loyers en location non meublée
Lorsque vous louez un bien immobilier vide (appartement, maison, terrain ou local commercial), les loyers perçus ne relèvent pas de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) comme c’est le cas pour la location meublée, mais bien des revenus fonciers.
L’administration fiscale distingue deux régimes d’imposition pour ces revenus :
- Le régime micro-foncier : un régime simplifié qui s’applique de plein droit si vos revenus fonciers bruts annuels n’excèdent pas 15 000 €.
- Le régime réel : un régime applicable si vos loyers dépassent 15 000 € par an, ou sur option si vos charges déductibles sont supérieures à l’abattement forfaitaire.
Pour appréhender l’ensemble des démarches liées à la période fiscale, vous pouvez consulter le guide de référence sur la déclaration de revenus, qui centralise toutes les étapes indispensables pour remplir vos obligations.
Le régime micro-foncier : simplicité et abattement forfaitaire

Le régime micro-foncier est conçu pour alléger les démarches administratives des propriétaires bailleurs dont les loyers perçus restent modérés. Si le montant total des loyers bruts encaissés par votre foyer fiscal (hors charges) est inférieur ou égal à 15 000 € sur l’année, vous relevez par défaut de ce régime.
Comment fonctionne le micro-foncier ?
Sous ce régime, vous n’avez pas besoin de calculer vos charges réelles (travaux, intérêts d’emprunt, taxe foncière). L’administration fiscale applique automatiquement un abattement forfaitaire représentatif de frais de 30 % sur le montant des loyers bruts que vous déclarez. Vous ne serez donc imposé que sur 70 % de vos revenus locatifs, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux au taux global de 17,2 %.
La démarche déclarative
Pour déclarer vos loyers sous le régime micro-foncier, la procédure est très simple :
- Connectez-vous à votre espace personnel sur le site des impôts lors de la campagne déclarative.
- Sélectionnez le formulaire principal de déclaration, à savoir la déclaration 2042.
- Reportez le montant total de vos loyers bruts perçus (sans déduire aucune charge) dans la case 4BE.
L’administration se chargera elle-même d’appliquer l’abattement forfaitaire de 30 % lors du calcul de votre impôt sur le revenu.
Le régime réel : déduction des charges et formulaire 2044
Si vos revenus fonciers bruts annuels dépassent le seuil de 15 000 €, ou si vous avez fait le choix exprès d’opter pour ce régime malgré des loyers inférieurs (ce qui est souvent judicieux en cas de travaux importants), vous basculez obligatoirement sur le régime réel d’imposition.
Quelles charges pouvez-vous déduire ?
Le principal avantage du régime réel réside dans la possibilité de déduire de vos loyers l’ensemble des dépenses réellement supportées au cours de l’année civile. Parmi les charges déductibles les plus courantes, on trouve :
- Les intérêts d’emprunt et les frais de dossier de votre crédit immobilier.
- La taxe foncière (hors taxe d’enlèvement des ordures ménagères récupérable auprès du locataire).
- Les dépenses de réparation, d’entretien et d’amélioration du logement.
- Les primes d’assurance (propriétaire non occupant, garantie loyers impayés).
- Les frais de gestion locative (honoraires d’agence ou d’un gestionnaire de biens) et les frais de procédure en cas de litige.
- Les charges de copropriété incombant au propriétaire.
Le rôle du formulaire 2044
Contrairement au micro-foncier, le régime réel impose de remplir une déclaration annexe spécifique. Vous devez impérativement souscrire la déclaration n° 2044 des revenus fonciers.
Ce formulaire permet de détailler l’ensemble de vos recettes et de vos charges ligne par ligne. Le résultat final (bénéfice ou déficit foncier) est ensuite reporté automatiquement ou manuellement sur votre déclaration d’ensemble des revenus. Pour savoir précisément quels formulaires annexes joindre à votre dossier selon votre situation patrimoniale, référez-vous au guide pratique sur le choix du formulaire de déclaration de revenus.
| Caractéristique | Régime micro-foncier | Régime réel |
|---|---|---|
| Seuil de revenus | Jusqu’à 15 000 € de loyers bruts par an | Plus de 15 000 € par an (ou sur option) |
| Calcul des charges | Abattement forfaitaire automatique de 30 % | Déduction des charges réelles au centime près |
| Formulaire principal | Déclaration 2042 (case 4BE) | Déclaration 2044 + report sur la 2042 |
| Déficit foncier | Impossible (pas de prise en compte des charges réelles) | Possible (imputable sur le revenu global jusqu’à 10 700 €) |
Calendrier et échéances à respecter
Déclarer ses revenus fonciers s’inscrit dans le cadre du calendrier fiscal annuel du printemps. Les dates limites de dépôt de la déclaration en ligne varient selon les départements français. Pour anticiper au mieux ces échéances et éviter toute pénalité de retard, consultez le calendrier détaillé des dates limites sur notre page dédiée à la date limite de déclaration de revenus.
Une fois vos revenus déclarés, l’administration fiscale calcule votre impôt et actualise le montant de vos prélèvements à la source. Pour les bailleurs relevant du régime réel ou micro-foncier, un système d’acomptes contemporains prélevés directement sur votre compte bancaire par le fisc est mis en place chaque mois ou chaque trimestre.
Cas particulier du déficit foncier
L’un des leviers majeurs du régime réel en location nue est la constitution d’un déficit foncier. Lorsque le montant de vos charges déductibles (notamment des travaux d’amélioration ou de rénovation énergétique) dépasse le montant de vos loyers encaissés, un déficit est généré.
Ce déficit peut être déduit de votre revenu global (dans la limite de 10 700 € par an, hors intérêts d’emprunt), ce qui permet de diminuer directement votre impôt sur le revenu global. La fraction du déficit excédant 10 700 € ou provenant des intérêts d’emprunt est, quant à elle, reportable sur vos revenus fonciers des dix années suivantes.
| Type de déficit | Règle d’imputation | Plafond annuel |
|---|---|---|
| Déficit hors intérêts d’emprunt | Imputable sur le revenu global du foyer | 10 700 € (porté à 21 400 € sous conditions de travaux énergétiques) |
| Déficit lié aux intérêts d’emprunt | Reportable uniquement sur les revenus fonciers futurs | Reportable pendant 10 ans |
Questions fréquentes
Dois-je déclarer les loyers charges comprises ou hors charges ?
Pour la location nue, vous devez déclarer le montant des loyers bruts hors charges. Les provisions pour charges versées par le locataire pour les dépenses récupérables (eau, entretien des parties communes) ne constituent pas des revenus fonciers et ne doivent pas être intégrées dans le montant déclaré.
Puis-je changer de régime fiscal facilement ?
Le passage du micro-foncier au régime réel s’effectue sur simple option exercée lors du dépôt de votre déclaration de revenus. Cette option est valable pour une durée minimale de trois ans, après quoi vous pourrez éventuellement revenir au micro-foncier si vos seuils de recettes le permettent.
Que se passe-t-il si j’oublie de déclarer mes loyers perçus ?
L’omission de déclaration de revenus fonciers expose le contribuable à des sanctions financières sous forme de majorations de retard (de 10 % à 40 % en cas de manquement délibéré) ainsi qu’au paiement d’intérêts de retard calculés au taux légal.




